JMTB 2020

 

Les troubles bipolaires,

complexes et diagnostiqués trop tardivement

Alternant phases d’excitation et de dépression, les troubles bipolaires concernent entre 1 et 2,5 % de la population. Des réponses thérapeutiques adaptées existent aujourd’hui mais les patients souffrent principalement de retard de diagnostic et d’un risque de mortalité précoce.

 

Les troubles bipolaires, au 6ème rang mondial des handicaps

Maladie mentale chronique, les troubles bipolaires touchent entre 1 et 2,5 % de la population, soit entre 650 000  et 1 650 000 personnes en France. Ils apparaissent majoritairement entre 15 et 25 ans et persistent toute la vie. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), les placent au 6ème rang mondial des handicaps, les malades présentant une espérance de vie réduite de 10 ans en moyenne par rapport à la population générale. Les épisodes dépressifs peuvent fréquemment déboucher sur des tentatives de suicide : 20% des patients bipolaires non traités décèdent par suicide. Par ailleurs, les troubles bipolaires s’accompagnent d’une forte comorbidité, c’est-à-dire que d’autres troubles se greffent à la maladie (alcoolisme, diabète, dysthyroïdie, etc.), faisant par exemple encourir aux patients le risque de succomber à d’autres pathologies, une maladie cardiovasculaire par exemple. Enfin, les conduites à risque (sexualité, addictions, dépenses) sont fréquentes et associées au handicap.

Le cycle infernal des épisodes d’euphorie et de dépression

Si la bipolarité suscite depuis peu un regain d’attention des médias et du grand public, elle n’a rien de récent. Autrefois identifiée sous le terme de psychose maniaco-dépressive, on lui préfère désormais le qualificatif de troubles bipolaires en raison de la diversité des formes qu’elle peut adopter. Les troubles de l’humeur qui la caractérisent se manifestent par l’alternance de phases euphoriques (ou maniaques) et de phases dépressives. La durée des épisodes peut varier de quelques jours à quelques semaines ou mois. Connaître l’intensité et la durée de ces épisodes aigus, et identifier les symptômes qui accompagnent la maladie est essentiel pour déterminer la forme de bipolarité dont souffre le patient.

Au quotidien, des symptômes invalidants

La bipolarité est une maladie contraignante, affectant la vie quotidienne. Elle peut concerner différents domaines comme les facultés cognitives - en perturbant la mémoire, l’attention ou encore les fonctions exécutives des malades -, le sommeil - une insomnie sans fatigue peut être le signe d’un épisode maniaque - ou encore se manifester à travers une fatigue excessive. Elle se caractérise également par l’impossibilité de pouvoir gérer ses émotions, et cette hyperréactivité émotionnelle s’incarne dans des comportements irritables, colériques. Elle peut aussi donner lieu à des troubles anxieux.

Un retard de diagnostic alarmant

Mais c’est le retard de diagnostic qui pénalise le plus les patients. On estime à 10 ans en moyenne le temps écoulé entre un premier épisode et l’instauration d’un traitement adapté. Ce décalage s’explique par la méconnaissance de la maladie de la part des médecins, qui associent souvent les symptômes de la bipolarité à ceux de la dépression. Si bien qu’actuellement, 40 % des dépressifs pourraient en réalité souffrir de bipolarité sans être diagnostiqués.

Source : Fondation Fondamental